
« Je ne suis ni une machine, ni une sous merde… Pour vivre, j’ai besoin d'être respecté. » À dix heures précises en ce vendredi de fin Aout 2009, Martine et ces collègues sur un LIDL de centre ville se rassemblent en groupe devant leur magasin. On est pas chez France telecom mais chez LIDL et à écouter les témoignages ce n'est pas mieux, seul différence ici les gens ont toujours connu le harcellement depuis le début et beaucoup sont à mie temps et subisse silencieusement.
Pour mettre un coup d'arrêt dans l’humiliation quotidienne de leurs conditions de travail, elles ont décidé de passer à l’action. « On en peu plus de se faire insulter, de devoir subir des propos racistes et sexistes et dégradant », lâche Martine, en pleurant. « Pour un oui, pour un non, la direction nous accuse de vols ou de retards à répétition, et nous force à aller récurer les toilettes », enchaîne Michel son chef de magasin.
Se mettre en grève serait peut être la solution, au moins la hiérarchie haut placée serait au courant de nos conditions mais en ont ils envient ?
Protester non pour protéger des acquis sociaux ou pour augmenter les salaires, mais pour demander respect et dignité au travail, les « fondamentaux des droits humains », rappelle une déléguée syndicale CFDT .
Comme souvent chez LIDL, les femmes représentent l’essentiel du personnel du magasin. Et comme souvent dans le hard discount, ce sont des mères de famille séparées ou encore célibataires du fait des horaires flottant qui ne permettent pas de fonctionner rappelle Martine.
Une précision qui pourrait sembler voyeuriste ou misérabiliste si elle n’était la clé de voûte du fonctionnement commercial de nos magasins LIDL qui, pour atteindre des objectifs de rentabilités draconiens, flirtent avec la souffrance psychologique de leurs ELS coincés par la précarité et le marché de l'emploi en déroute.
En se rassemblant ainsi, les caissières surprennent tout le monde. Les clients d’abord qui, après être un peu désabusés de voir le personnel magasin dehors en pleure avec le regard triste, passent et pour certains clients viennent soutenir les caissières et leur chef. « Je viens au moins trois fois par semaine faire mes courses ici et, depuis quelques mois, je vois pratiquement systématiquement une caissière pleurer lorsque je fais la queue pour payer surtout quand les chefs sont là avec leurs grosses voitures garées à l'emplacement des camions », témoigne Andrée mère au foyer à la retraite, heureusement qu'il y a les prix bas qui me permettent de subvenir à mes besoins sinon je ne viendrais plus ajoute t'elle. « Il faut sans cesse ravaler sa conscience pour aller faire ses achats chez LIDL », où, « pour vendre aux pauvres, on embauche d’autres pauvres qu’on fait bosser à des cadences infernales », se révolte une autre cliente.
Prévenus du comportement par le responsable de réseau plusieurs responsables accourent au magasin à bord de leurs grosses voitures Audi sans doute pour tenter de calmer le jeu.
Mais leur arrivée provoque surtout l’explosion des personnels, les chefs sont pris à partie par les clients.
« Le réseau nous change nos horaires du jour au lendemain en menaçant de nous licencier si on refuse », déclare Martine, visiblement à bout de nerfs. « Avec toute l’humiliation accumulée au long de la journée, le soir, quand je rentre, je suis irritable, et dès que mon fils tente d’y faire face, je craque », confie Marie ELS, en larmes.
Avec l’arrivée de ce nouveau responsable fin Juin, un changement d’ambiance radical s’est opéré dans notre magasin.
Sur un effectif total de dix personnes, les mises à pied et avertissements pleuvent. En quelques semaines, plus d’une vingtaine de sanctions tombent sur les dix salariés. Les principaux visés ? Le chef magasin et deux caissières syndiqués.
La loi sur le harcèlement moral ne leur dit pas grand-chose. « De toute façon, les salariés ne veulent pas engager des démarches de longue haleine contre leur employeur, tous ont le même objectif primordial : garder leur emploi pour pouvoir vivre en dehors du boulot », explique le chef de magasin.
Face à la détermination le responsable des ventes et le réseau calment le jeu et font profile bas face au clients qui les prennent à partie.
Au terme d’une longue entrevue avec les salariés, ils accèdent à toutes les revendications dans le seul but de remettre le magasin en marche.
Mais le soulagement est de courte durée… Le jeudi suivant, cinq salariés du magasin reçoivent dans leur boîte aux lettres une convocation à sanction en vu d'un licenciement pour présence de produits avariés dans les rayons et non respect des procédures ! (Deux poulets pac qui n'ont pas été mis au rabais -30% mais qui ne sont pas légalement périmés mais périmés pour lidl et quelques procédures bégnines « C’est vraiment épuisant car, au moment où l’on croit à une avancée, le processus discriminatoire revient au galop… On ne peut jamais avancer sur les conditions de travail! » déplore Martine.
Tristement réaliste, un ancien « chef de réseau » de Lidl dans la région de Bayonne client ce jour ci explique : « En tant que cadres, mon seul objectif était d’augmenter la productivité, c’est-à-dire faire tourner le magasin avec le moins de personnel possible. Pour ce faire, il faut faire travailler les gens plus vite, plus dur et les pousser à faire des heures supplémentaires non déclarées. » Si ça s’appelle pas du harcèlement moral ça …
Quand on remonte l'info au grand chef c'est la négation ou il faut des noms, la dénonciation, mais ce n'est pas notre rôle de dénoncer, notre devoir est de changer les choses mais pour cela il faudrait que la volonté vienne d'en haut or ce n'est pas le cas.
Lidl se cache derrière une pseudo enquête effectuée auprès des salariés mais les salariés ont peur du résultat même pas 25% de taux de réponse, c'est ça la politique de la terreur.
La mode consiste ces derniers temps à faire craquer les salariés psychologiquement quand ils deviennent trop vieux ou usés, mal au dos ou aux membres, alors les petits chefs harcèlent et obtiennent des démissions, le top ou ces inaptitudes conduisent au licenciement systématique des ses salariés plus assez productifs.
Sur des cas comme ça dès lors que le licenciement d'un salarié repose sur une cause réelle et sérieuse, constituée par une inaptitude constatée par le médecin du travail et une recherche de reclassement, le salarié ne peut, en invoquant un harcèlement moral antérieur à l'avis d'inaptitude, remettre en cause le licenciement régulièrement fondé sur la constatation de son inaptitude. Toutefois, le salarié peut formuler une demande de dommages-intérêts pour préjudice moral sur le fondement de l'article L. 122-49 du code du travail, qui traite du harcèlement moral.
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